Dans le cadre de la politique de guerre à la drogue, le discours dominant dramatise les usages de substances psychoactives, stigmatise certains produits (alcool et drogues VS médicaments psychotropes) et certains consommateurs (les jeunes, les travailleurs VS les professions intellectuelles et les employeurs). Cette grille de lecture s’appuie sur des représentations qui réduisent les drogues à leur seule dimension de risque, qui définissent la santé comme le respect de normes. Mais comment les substances psychoactives affectent-t-elles réellement le travail, et inversement ? Comme contraintes sur le travail ou comme ressources liées aux soucis de santé et/ou de professionnalisme des sujets ?
Le projet de recherche Prevdrog-Pro, financé par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et l’Institut national du cancer (INCA), est réalisé par le Centre de Recherche Travail et Développement (Cnam) et Additra (addictologie et travail) en partenariat avec la Fédération Addiction.
Il doit produire les connaissances, en sciences humaines et sociales, pour répondre à ces questions et penser de nouveaux cadres pratiques en santé au travail et prévention des risques.
Une enquête est donc lancée, qui cherche à répondre aux objectifs suivants :
1) décrire des usages de substances psychoactives : alcool, drogues, médicaments psychotropes, tabac (produits, contextes, initiation, parcours de vie, effets recherchés, effets indésirables)
2) analyser les conditions (personnelles et contextuelles) de ces usages
3) analyser les liens avec le travail (ressentis, recherchés, repérés par l’entourage, à éviter…)
4) analyser les effets et les conséquences de ces pratiques sur le travail et la santé La méthodologie choisie est celle des entretiens individuels et collectifs.